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Alors que, jusqu’à une date récente, les contrats d’apprentissage étaient réservés aux jeunes âgés de moins de 25 ans, sept régions françaises expérimentent, depuis le 1er janvier 2017, l’apprentissage jusqu’à 30 ans. Cette nouveauté s’inscrit dans le cadre de la Loi Travail relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels (dite « Loi El Khomri »). L’expérience se déroule jusqu’à la fin de l’année 2019. Quels sont les objectifs de cette nouvelle disposition et qui en sont les bénéficiaires ?

Quel est l’objectif de cette nouvelle disposition ?

Il s’agit de permettre aux jeunes dont le projet professionnel a mûri tardivement ou a évolué pour des raisons diverses et variées, d’accéder un contrat d’apprentissage et de s’insérer plus facilement dans le monde du travail.

Concrètement, cette disposition doit permettre d’augmenter le nombre d’effectifs d’apprentis, de promouvoir l’alternance au sein du public et de sécuriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail.

Une expérience élargie à sept régions françaises

Un décret publié au Journal Officiel du 31 décembre 2016 élargit au nombre de sept les régions dans lesquelles l’âge limite d’entrer dans l’apprentissage est fixé à titre expérimental à l’âge de 30 ans. Les régions sélectionnées sont les suivantes :

  • La Bretagne
  • La Bourgogne-Franche-Comté
  • Le Centre-Val de Loire
  • Le Grand Est
  • Les Hauts-de-France
  • La Nouvelle-Aquitaine
  • Le Pays de la Loire

Sont également incluses depuis le décret 2017-355 du 20 Mars 2017 les régions d’Ile de France et d’Occitanie

Les collectivités territoriales ci-dessus sont donc autorisées à participer aux expérimentations prévues aux articles 76 et 77 de la loi El Khomri du 8 août 2016

Le contrat d’apprentissage : rappel

Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail dont la durée peut être déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). Il s’établit entre un salarié et un employeur et permet au salarié, donc à l’apprenti, de suivre une formation en alternance dans l’entreprise de l’employeur, sous la responsabilité d’un maître d’apprentissage et en centre de formation des apprentis (CFA) pendant une durée variant de un à trois ans.

Choisir la voie de l’apprentissage

Il existe de multiples raisons pour lesquelles les jeunes choisissent l’apprentissage. Parmi celles qui sont évoquées régulièrement par les apprentis, le fait que la formation soit assurée par des enseignants issus du monde professionnel fait partie des motivations principales.

Tout naturellement, la pédagogie appliquée à l’apprentissage est en relation avec des projets réels et concrets. Par ailleurs, l’apprentissage permet également aux individus concernés d’être suivis individuellement et de maximiser leurs chances de trouver une entreprise et de réussir aux examens.

Sachant que 86 % des apprentis entrent dans le monde du travail dans les six mois qui suivent l’obtention de leur diplôme, l’apprentissage est une voie très intéressante pour beaucoup.

Que peut vous rapporter votre diplôme ?

Un diplôme d’apprentissage est reconnu par l’État. Lors de votre apprentissage, vous bénéficiez d’un contrat de travail et donc d’un statut de salarié au sein d’une entreprise. Votre salaire, quant à lui est fonction de votre âge et de votre progression dans le cycle de formation. Il varie de 25 à 78 % du SMIC.

Qui est concerné par cette nouvelle disposition ?

Dans les sept régions volontaires, l’objectif est de lutter contre le chômage des jeunes de 25 à 30 ans, sortis du système éducatif et n’ayant aucun diplôme à faire valoir pour décrocher un emploi ou une formation.

Comme l’indique l’OCDE dans son Panorama de la Société 2016 (publié tous les deux ans), les individus n’ayant pas achevé le deuxième cycle du secondaire représentent environ un tiers des jeunes sans emploi et sortis du système éducatif. Dans ce même rapport, l’OCDE indique que la France compte 1,8 millions de jeunes âgés de 16 à 29 ans et s’inscrit comme étant le seul pays de l’OCDE et de l’Union européenne qui n’a pas su faire diminuer le nombre de jeunes n’étant ni dans le système éducatif, ni en situation d’emploi ou de formation : un chiffre qui s’établit à 16% des 16 – 29 ans au cours des trois dernières années, contre 8% chez nos voisins allemands.

Si l’expérience menée dans les sept régions françaises est concluante – son bilan sera effectué après le 31 décembre 2019 – elle sera présentée devant le Parlement avant le 1er juillet 2020 et pourra alors entrer en vigueur sur l’ensemble du territoire français.

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