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Dès 2014, la crise peut permettre d’augmenter le nombre de contrats d’apprentissage

« En temps de crise, on compte ses sous ». Cela ne veut pas dire qu’on ne dépense pas. Mais les achats doivent être nécessairement plus judicieux. Les entreprises sont évidemment en train de se demander, plus que jamais, si l’apprentissage est une opération « rentable » pour elles.

Mais à part elles, qui se le demande ?

Pas grand monde, et pour au moins deux raisons :

–        L’envie de calculer les coûts et les retours sur investissements financiers (et non financiers) de la formation est quasiment inexistante dans la culture des acteurs de la formation professionnelle et de l’éducation.

–        L’idée que la « rentabilité économique » d’un jeune puisse s’étayer réciproquement avec le développement de sa citoyenneté et de son émancipation scolaire et culturelle est curieusement rarement envisagée.

Pourtant, nous devons trouver dans ces deux freins les pistes d’un rebond pour le développement de la formation professionnelle… et de l’apprentissage en France.

Afin d’aider les entreprises à savoir objectivement si l’embauche d’un apprenti est une opération « rentable » pour elles, nous proposons de réaliser avec chacune d’elle un simple graphique. Ce graphique lui permettrait de visualiser les coûts (y compris masqués) et les retours sur investissement (idem) de l’opération, sur la durée du contrat.

Ainsi, en fonction de l’accompagnement du jeune par le CFA et de son accueil dans l’entreprise, on aurait les différents types de « rentabilité » suivants :

Main d’œuvre bon marché : rentabilité faible (24 mois)

graf1

 

 

 

 

Celui-ci décrit une opération immédiatement mais peu rentable sur des activités faiblement qualifiées (main d’œuvre bon marché) en supposant que cette main d’œuvre compense le coût faible (salaire et peu de temps consacré à l’accompagnement). Le jeune reste un exécutant peu qualifié jusqu’au bout.

Jeune non accompagné par le CFA : risque fort d’opération déficitaire (24 mois)

graf2

 

 

 

 

Celui-ci décrit une opération non rentable et même déficitaire où le coût est plus important au début car l’entreprise essaie de former seule le jeune qui devient un peu plus efficace. Ses activités ne sont pas assez formatrices et qualifiées pour que l’opération soit rentable sur la durée du contrat.

Jeune accompagné à l’anticipation de ses activités imminentes : opération très rentable (24 mois)

graf3

 

 

 

 

Celui-ci décrit une opération très rentable grâce à la montée en compétence du jeune. Pour garantir la rapidité et l’amplitude de cette montée de compétence, y compris pour les jeunes les plus fragiles, le jeune est accompagné par le CFA à anticiper ses activités imminentes en entreprise, réaliser très vite et efficacement ses premières missions basiques, puis très vite aussi des missions de plus en plus qualifiées et donc de plus en plus rentables.

Ces différents cas de figure montrent que c’est l’accompagnement du jeune à l’anticipation de ses activités imminentes en entreprise qui rend l’opération très rentable pour l’employeur. La bonne surprise, c’est que cette anticipation est très bénéfique pour le jeune, y compris pour renforcer son appétence scolaire au CFA et sa volonté de poursuivre son parcours de formation.

Le plus surprenant, c’est que cette anticipation des activités imminentes en entreprise correspond à une attitude que les accompagnateurs peuvent transmettre aux jeunes bien avant leur formation, précisément pendant leur recherche de contrat d’apprentissage. Notamment à travers le questionnement à choix multiple centré sur les besoins imminents des entreprises, méthode conçue et développée par l’Association des Apprentis de France (Anaf). Cette méthode permet aux jeunes d’amorcer très tôt une posture très appréciée par les entreprises tout en les préparant à anticiper de façon toujours plus dynamique leurs activités imminentes au travail et leur envie d’apprendre au CFA.

Conclusion :

Pour relancer le développement de l’apprentissage dans notre pays en donnant envie aux employeurs d’embaucher des apprentis, généralisons dans l’apprentissage l’anticipation des activités imminentes des jeunes en entreprise, que ce soit pendant le contrat, pendant les stages d’accès à l’apprentissage ou même pendant les tous premiers échanges entre jeunes et entreprises.

Cette approche permettra à tous les acteurs de l’apprentissage de gagner la confiance des entreprises sur deux sujets cruciaux pour elles :

–        la vitesse à laquelle la formation permet aux jeunes de devenir efficaces et rentables au travail.

–        la capacité des accompagnateurs et des jeunes à comprendre les contraintes, les besoins, la culture des entreprises, et à transmettre cette compréhension aux jeunes.

Deux sujets qui, précisément, cristallisent actuellement leur mécontentement et leur méfiance, mais sur lesquels les acteurs gagneront énormément de points dans les mois qui viennent, à condition qu’ils mettent vite en œuvre une alternance « proactive ».

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