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Lors de la séance des questions au gouvernement du mardi 23 octobre 2012, le ministre délégué à la formation professionnelle et à l’apprentissage, Thierry Repentin a annoncé qu’il « avait écrit à l’ensemble du réseau consulaire pour leur indiquer que l’Etat financerait l’ensemble des développeurs de l’apprentissage qui iront chercher les entreprises ».

L’Association Nationale des Apprentis de France est très perplexe face à cette nouvelle annonce du ministre. Même si cette décision peut aider les jeunes en grandes difficultés en cette fin d’année, l’ANAF considère qu’elle est insuffisante et que l’on ne prend pas la question du développement de l’apprentissage par le bon bout.

Dans plusieurs communiqués, elle a déjà indiqué que le développement de l’apprentissage ne pourra se faire que si l’accompagnement des jeunes avant et pendant le contrat d’apprentissage est centré sur leurs activités réelles en entreprise.

Dans un premier temps, il faut redonner les codes aux jeunes pour qu’ils puissent communiquer avec les entreprises. Il faut faire en sorte que les jeunes aient une posture attractive face aux entreprises qu’ils sont amenés à démarcher. L’ANAF déploie depuis le mois de juillet une nouvelle formation permettant de faire changer la posture du jeune postulant : « Les apprentis aident les apprentis » ! Grâce à l’expérience des intervenants (qui sont tous des apprentis), les jeunes acquièrent un comportement beaucoup plus efficace et proactif vis-à-vis de l’entreprise.

L’ANAF considère que la crise n’est pas la seule raison de la baisse du nombre de contrats en alternance. Les ruptures de contrat et les difficultés relationnelles entre les jeunes et les professionnels ne sont pas assez prises au sérieux par les CFA, l’État et les collectivités territoriales. Des études sérieuses montrent qu’un « malentendu originel » entre le jeune et le professionnel compromet généralement l’efficacité réelle de l’alternance pour les jeunes.

L’ANAF encourage le ministre à approfondir ces pistes, tout en le soutenant dans ses dernières déclarations. Il faut prendre très au sérieux les problèmes de posture des jeunes en entreprise. Sans un travail préalable sur cette question, les développeurs ne parviendront pas réellement à convaincre les entreprises de participer au développement de l’apprentissage.

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