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Depuis décembre 2015, Francis Enguélé a pris les commandes de l’ANAF en tant que Directeur Général.  Quels sont ses projets ? Pourquoi s’engager dans l’apprentissage ? Quelles sont ses ambitions pour l’ANAF ? On fait un point avec lui sur la situation et le futur de l’association.

Afin que nos lecteurs vous connaissent mieux, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Francis-Enguele-DG-ANAFJ’ai démarré mes études avec une licence en administration publique, un diplôme intéressant où la culture générale y tient une part importante. C’était très formateur mais ce n’est pas le genre de diplôme qui permet d’intégrer le marché du travail.
Je me suis alors investi en service civique, en 2010. J’ai fait partie de la première promotion, j’avais été recruté à l’époque par l’association Zup de Co, qui propose du soutien scolaire à des jeunes en difficultés. C’était passionnant j’ai pu travailler avec l’ensemble de la communauté pédagogique pendant un an, avant de devenir quelques mois après manager au sein de la même structure. Ce qui m’a amené à recruter des services civiques, et à avoir davantage de responsabilités.

J’ai ensuite repris mes études à Novancia Business School avec un master en Business Developpement, spécialité entrepreneuriat. J’ai fait ce diplôme en alternance, en travaillant en grande distribution pendant deux ans en tant qu’apprenti manager. Ça représentait beaucoup de travail et d’investissement, car les exigences sont élevées dans ce secteur.

J’ai validé mon diplôme en effectuant un stage à l’étranger, comme Community Manager à Madrid. Je suis revenu en France en décembre, puis j’ai intégré l’ANAF quelques mois plus tard en Février.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers l’ANAF, et le milieu de l’apprentissage ?

L’idée de travailler dans une petite structure m’a plu, ça change de la grande distribution ! Au quotidien, une grande structure est très lourde à gérer, avec des process qui peuvent apparaître rédhibitoires pour l’épanouissement du salarié. Alors que les associations comme l’ANAF permettent de lancer des projets intéressants plus facilement.

Ayant fait de l’apprentissage je me sentais plus légitime, moi aussi j’ai eu cette double vie, de salarié et d’étudiant. Fort de cette expérience, l’ANAF était l’occasion rêvée de faire entendre ma voix.

Vous venez de prendre les commandes de l’ANAF en tant que Directeur Général, quelle est la situation actuelle de l’association ?

En arrivant j’ai été agréablement surpris. L’ANAF bénéficie d’une très bonne image auprès de ses partenaires, notamment auprès de la Région Île-de-France et des différents CFA.

Dans le rapport de février du Conseil Régional, certaines propostions de l’ANAF ont été reprises. Je pense que la région va essayer de calquer sa politique en partie sur ce que propose l’association. Nous sommes donc vraiment reconnus, c’est un poids considérable pour une association qui existe depuis 5 ans seulement !  Le Conseil Régional s’occupe de toutes les missions sur l’apprentissage et la formation, ce sont donc des interlocuteurs privilégiés. Avoir autant de soutien nous motive, nous engage, nous allons pouvoir réaliser de très beaux projets.

Pour ce qui est de l’interne, je souhaite impulser une dynamique chez les salariés de l’ANAF pour créer un programme cohérent et compris par tous. Il faut se focaliser sur l’association, nous sommes une équipe, et je souhaite créer de la cohésion autour de beaux projets.

Quelles sont vos ambitions pour l’ANAF ? Les projets que vous aimeriez mettre en place ?

J’ai un projet qui me tient à cœur : créer des services civiques au sein de l’association afin de densifier notre réseau. Pour moi le service civique a été une expérience significative, aussi, j’ai envie de m’investir dans ce projet. Aujourd’hui nous avons 30 CFA partenaires sur la région, et il y en a 150 en Île-de-France. L’idée serait de passer par le service civique pour tous les toucher et promouvoir l’ANAF à travers ça.

Nous souhaitons également mettre en place une aide juridique pour les apprentis. L’ANAF reçoit beaucoup d’appels de jeunes qui manquent d’informations sur leurs contrats, mais qui ne savent pas vers qui se tourner. Tous les CFA ne sont pas actifs sur la question, ou les  entreprises ne sont pas toujours claires. L’idée serait de mettre en place un partenariat avec des cabinets d’avocats pour ouvrir des permanences aux apprentis. Bien sûr, l’ANAF sera toujours là pour apporter des éléments de réponses mais l’aide juridique pourrait procurer une aide plus complète. C’est un projet qui répond à une demande, notamment des apprentis étrangers. En tant qu’association nationale, on se doit de répondre à tous.

Enfin, l’ANAF souhaiterait mettre en place un partenariat, sur le plan national, avec des auto-écoles pour obtenir des prix avantageux pour les apprentis. La mobilité professionnelle est très importante pour pouvoir décrocher un contrat lorsque l’apprenti n’habite pas en ville.

Comment visualisez-vous l’ANAF d’ici un an, trois ans ?

D’ici un an, l’objectif est d’augmenter le réseau de CFA partenaires, d’utiliser notre image et l’optimiser au maximum, et enfin de recruter des effectifs en service civique. Nous souhaitons, à moyen terme, pouvoir travailler avec tous les CFA de la région Île-de-France. Et pourquoi pas, d’ici trois ans, travailler avec tous les CFA de France. Le souhait de l’ANAF à long terme ? Être la première plateforme d’informations et de conseils pour tous les apprentis de France, quel que soit leur niveau.

Merci à Francis pour ce témoignage très enrichissant !

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