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Julien le Du Romary, apprenti à l’AFORP de Drancy le Bourget a bien des expériences à faire valoir : son implication comme vice-président de l’ANAF, sa participation au Shell éco-marathon et ses 5 ans d’apprentissage. Retour avec Julien sur son parcours surprenant.

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Peux-tu nous raconter ton parcours en tant qu’apprenti ?


En troisième, ma famille m’a encouragé à faire un Bac S et de grandes études. Suite à des problèmes familiaux, j’ai finalement raté mon Bac. J’ai alors cherché à me réorienter vers un diplôme rapide et professionnalisant. Grâce à l’aide de mon entourage, l’entreprise Eiffage Energie a proposé de m’embaucher en apprentissage. J’ai passé un CAP Préparation et Réalisation des Ouvrages Electriques en un an. J’ai enchaîné avec un Bac Pro électrotechnique pour avoir plus de responsabilités et travailler comme chef d’équipe, puis comme chef de chantier. J’ai continué en BTS Assistance Technique d’Ingénieur, je suis en deuxième année. Je travaille maintenant comme assistant de responsable d’affaire, je fais la transition entre la direction et l’équipe sur le terrain. Au total, ça fait 5 ans que je travaille chez Eiffage.

Pourquoi l’alternance ?

L’alternance me parlait dès le collège et malgré mon détour en Bac S, j’y suis revenu. Il me fallait un diplôme, une formation pour ne pas faire de la petite main d’œuvre, et tout simplement un travail. L’alternance me permettait de préparer mon avenir, tout en ayant un salaire. Si on y réfléchit, être payé pour passer un diplôme c’est sympa ! Ça demande quelques petits sacrifices comme les vacances scolaires, mais il n’en sort que du plus.

Que penses-tu que ton expérience chez Eiffage Energie t’ait apporté ?

A la base, je suis quelqu’un d’autonome, mais il est vrai qu’avoir des responsabilités au sein d’une entreprise fait grandir. On voit une réelle différence lorsqu’un apprenti commence son apprentissage, et lorsqu’il en sort. On endosse des responsabilités, on prend des initiatives. On a un double devoir envers l’entreprise : on doit travailler, car ils ne nous payent pas pour rien, et on doit tout faire pour obtenir notre diplôme puisqu’ils « investissent » en nous pour ça.

Nous avons découvert en décembre ton projet pour le Shell éco-marathon, peux tu nous en dire plus sur cet événement ?

Cela fait 5 ans que mon CFA participe au Shell éco-marathon. Ce projet nous permet de toucher à de l’automobile, alors qu’il ne s’agit pas de notre secteur, ça change ! Le but est de construire une voiture qui puisse parcourir un maximum de kilomètres avec un litre d’essence. Le Shell éco-marathon vise à  sensibiliser les gens aux problèmes écologiques, dont la disparition du pétrole.

Au delà de l’enjeu technique et du challenge, ça renforce l’esprit d’équipe, on mobilise les compétences de chacun dans tous les domaines. C’est un projet valorisant, fédérateur, qui permet de se confronter à différents établissements, dont des écoles spécialisées en automobile. Quand on voit qu’on est capable de rivaliser avec ces écoles, on se dit qu’on se débrouille !

Quel est ton rôle en tant que vice-président de l’ANAF ?

J’ai un rôle de représentant des apprentis de France, ça me permet de sensibiliser les jeunes à l’apprentissage, ou d’intervenir dans mon CFA sur des questions pédagogiques. Dans mon département, la Seine Saint-Denis, il y a un fort taux de décrochage. On demande de plus en plus aux élèves de gérer seuls leurs difficultés. J’ai lancé une étude dans mon CFA, qui montre que depuis le changement de méthode pédagogique (certains cours ont été individualisés), les apprenants rencontrent plus de difficultés.  C’est sur ce genre de questions que je souhaite m’impliquer.

Je pense aussi qu’il faut lever les préjugés sur l’apprentissage : ça a toujours été considéré comme un second choix, lorsqu’on n’a pas le niveau pour des études supérieures. Pourtant, c’est un bon moyen d’allier théorie et pratique. Les entreprises demandent d’avoir de l’expérience avant l’embauche, nous, on peut faire valoir cet atout, en plus d’un diplôme.

C’est quoi la suite ?

Tout d’abord, le but est d’obtenir mon diplôme. Vu le parcours que j’ai derrière moi, je ne me vois pas continuer les études, j’ai eu ma dose !

Dans l’idéal, je souhaiterais partir travailler à l’étranger, en Espagne. Dans mon domaine, il n’y a pas beaucoup de main d’œuvre spécialisée. Je rêverais d’y monter ma propre boîte. Mais si un départ n’est pas envisageable de suite, je pourrais continuer un peu chez Eiffage afin d’acquérir davantage d’expérience.

Et alors, ça t’a plu l’apprentissage ?

J’ai fait 5 années d’apprentissage, et je suis heureux et fier d’avoir pu prendre part à autant de projets. On apprend en cours, comme sur le terrain, et pour moi ça a été une véritable expérience humaine dont je suis ressorti meilleur. J’ai fait de magnifiques rencontres au CFA. Les formateurs sont accessibles, on voit qu’ils sont nos égaux et on se sent considéré comme un salarié, un collègue. C’est vraiment motivant. Le CFA, ça a été 4 ans de pur plaisir.

Merci à Julien pour ce témoignage ! 

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