Suite aux précisions apportées par le Ministère du Travail sur les modes de financement des CFA le 14 juin dernier, l’ANAF fait part, une nouvelle fois, de ses inquiétudes quant au futur des aides attribuées aux apprentis. L’enquête auprès des régions, publiée en mai par l’ANAF, révèle que les aides régionales vont en grande partie disparaître. Les précisions n’apportent cependant aucune information satisfaisante à ce sujet. L’association alerte la Ministre du Travail face à la précarisation qui serait inévitable sans la substitution des aides régionales.

Des aides oubliées

Les aides mentionnées dans le document ne concernent que l’hébergement, la restauration et le premier équipement professionnel. Alors que la mobilité est enjeu majeur pour les apprentis qui doivent se déplacer en entreprise et au CFA, deux trajets souvent bien différents, l’aide au transport est oubliée. Les régions ne prendront certainement plus en compte les problématiques inhérentes au statut d’apprenti, comme elles pouvaient le faire avant la réforme. Il est nécessaire que les OPCO prennent le relai sur ce sujet en leur donnant les moyens nécessaires.

De nombreuses aides qui existaient auparavant et qui seront arrêtées sous peu ne sont pas reprises (voir communiqué du 15 mai 2019). Des aides primordiales comme le fonds social, venant aux apprentis en grande difficulté, sont totalement oubliées.

Les apprentis doivent également s’acquitter de la Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC), pour ensuite demander le remboursement à leur entreprise. Bon nombre d’apprentis ne demandent pas ce remboursement auprès de leur employeur. Cela met grandement en péril la gratuité de la formation, un des piliers de l’alternance. Le cabinet du Ministère du Travail a affirmé vouloir trouver une solution rapidement mais nous n’avons, là non plus, toujours pas d’information.  Le député M. Guillaume GAROT est aussi en attente d’une réponse suite à une question écrite (N° 11047).

Une précarisation du statut d’apprenti

Les aides évoquées dans le document sont très limitées dans la mesure où elles n’existent que si le CFA les financent. L’ANAF craint des inégalités croissantes entre les apprentis et des difficultés financières accrues, entraînant une précarisation du statut de l’apprenti.

L’ANAF a alerté le Ministère du Travail sur les risques encourus par une telle négligence des aides financières destinées aux apprentis. L’apprentissage doit se développer mais l’aspect quantitatif recherché ne doit pas primer sur l’aspect qualitatif.

CONTACT PRESSE

Adele PETIT  · adele.petit@anaf.fr · 06 42 64 62 09

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