Cet article est ancien. Les informations présentées peuvent ne plus être à jour !

Faire des erreurs au cours de sa carrière, ça arrive à tout le monde. Mais l’important, c’est de parvenir à rebondir ! Voilà un peu l’adage de Filme ton job, une plateforme vidéo à destination des apprentis mais pas seulement, qui leur donne la possibilité de s’améliorer en réalisant des vidéos.

« On a tous droit à l’erreur » est la vitrine de cette plateforme. Dans cette émission produite par l’ANAF, en partenariat avec la Région Ile-de-France, le CFA COM et le CFA AFIA, notre reporter Baptiste interviewe une personnalité au sujet de ses erreurs professionnelles, et des solutions qu’il a trouvées pour s’en sortir.

Aujourd’hui, c’est le chef d’entreprise et président du Medef Pierre Gattaz qui s’est prêté au jeu. Voici son interview !

Découvre l’intégralité de l’interview de Pierre Gattaz ci-dessous !

Baptiste : Dans « On a tous le droit à l’erreur », on interviewe des personnalités qui nous racontent leurs erreurs dans leur carrière professionnelle. Est-ce que tu aurais une anecdote à nous raconter ?

Pierre Gattaz : Oui. Je suis président de Radiall depuis 20 ans. J’étais dans les télécommunications, il y avait un marché formidable… Dans les années 2000, nous avons connu une croissance très importante. Les clients nous disaient : « ça va être encore 20-25% de croissance, c’est formidable, il faut que vous ouvriez une usine au Brésil… » Et la bulle Internet a explosé en février 2001, assez brutalement. Je ne l’ai pas vue venir, comme d’ailleurs beaucoup de gens, de clients… Là, j’ai ramé comme un fou. Au lieu de faire +20% de croissance de chiffre d’affaire, j’ai fait -20% deux années de suite. Dramatique : il a fallu faire beaucoup de réadaptations, repositionner la société, et je me suis toujours dit que si j’avais pu anticiper les signaux faibles des marchés, des clients, j’aurais évité de penser : « ça y est, je suis parti sur un nuage, sur un marché qui va grandir… »

Il faut toujours avoir beaucoup d’humilité, garder les pieds sur terre, c’est fondamental, même si votre métier fonctionne, même si vos clients fonctionnent, même si vos marchés fonctionnent. Il faut anticiper le pire. Je crois que d’une façon générale, pragmatisme et humilité sont deux leçons qui me paraissent importantes dans un monde qui bouge.

Alors justement en parlant d’anticipation, le but principal de Filme ton job, c’est d’aider les jeunes à anticiper les besoins et les problèmes qu’on peut avoir au travail. Qu’est-ce que tu penses de ça ?

Anticiper, ça veut dire avoir une compréhension soit de son métier, soit du monde qui bouge. Les gens qui n’anticipent pas le numérique et la révolution du numérique risquent de rencontrer d’importants problèmes. Anticiper de grandes mutations, à court terme en tant qu’apprenti, ou dans son métier, je crois que c’est très important.

Filme ton job, c’est des vidéos postées par des jeunes. Il y en a des centaines sur Internet, de 30 secondes à 1,30 minute. On voit leurs erreurs, les conséquences que ces erreurs infligent, et les solutions qu’on peut apporter. Si tu avais eu Filme ton job à l’époque de ton erreur, est-ce que ça t’aurait aidé ?

J’aurais adoré avoir Filme ton job parce que c’est de la pédagogie. Je crois que plus on montre des problèmes expliqués, plus on progresse. On progresse par les succès, mais aussi par les échecs, s’ils ne sont pas mortels. Et c’est là tout l’intérêt de Filme ton job : essayer de régler les problèmes, bien évidemment, mais aussi d’anticiper ces problèmes. On revient sur la proactivité. Je trouve ça merveilleux d’utiliser les moyens modernes d’Internet, du numérique, de la vidéo pour progresser. On est encore dans l’application, on est dans l’apprentissage, on est dans l’enseignement par le terrain, par le concret, par les problèmes à régler, mais surtout par les problèmes à anticiper. C’est une magnifique initiative.

Je te remercie. Tout comme le Medef, l’ANAF soutient la candidature pour le WorldSkills 2019 à Paris. Je sais que c’est un projet qui te tient à cœur. Est-ce que tu voudrais nous en parler, peut-être faire un lien avec Filme de ton job ?

Au Medef, on est très en faveur des formations en apprentissage, qu’on considère comme des filières d’excellence. Benjamin Franklin disait une phrase fantastique : « Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends ». Ça veut dire que l’implication, dans un métier, il n’y a rien de plus fort. On soutient la candidature de la France au WorldSkills, c’est-à-dire les Olympiades des métiers qui devraient avoir lieu en 2019, pour toutes ces raisons-là. Parce que l’apprentissage, pour moi, il n’y a rien de plus beau. On implique des jeunes dans des métiers, ils ont une fierté formidable…

Eh bien, chez nous, on appelle ça la proactivité.

C’est exactement ça. De toute façon, quand on fait quelque chose, plus on est proactif, mieux on se porte. Ne pas avoir vu la crise de 2001, en ce qui concerne ma société Radiall, je ne dis pas que c’est une faute grave parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui ont vu Internet exploser. On ne peut pas tout anticiper, c’est pour ça qu’il faut être réactif. Anticipation et réactivité.

L’ANAF remercie chaleureusement Pierre Gattaz d’avoir partagé avec nous son expérience !

Share This